Le mot “politesse” est ainsi défini dans un dictionnaire : la politesse est “l’ensemble des règles qui régissent le comportement, le langage à adopter en société”.

Cette définition assez courte – quoique déjà trop longue à mon goût – ne donne pas d’exemples précis sur “les règles” de bienséance en question. Dans la vraie vie, une fois le dictionnaire refermé, on va vite constater – dans la rue, au parc, au café, au resto, au travail ou même en vacances sur un bateau en huit-clos – que nous avons tous une lecture différente de cette définition. C’est vrai, après tout, une définition peut être générale alors que les règles sont, elles, spécifiques à chaque pays, culture, région, groupe de population, famille ou même individu. Quant à leur mise en pratique, elle peut même varier selon les situations, l’humeur du jour ou la météo – voire le degré d’expertise en intelligence émotionnelle de chacun. La politesse, c’est parfois un peu le proche cousin du self control, non ?

Côté stéréotype, les français sont internationalement réputés pour ce paradoxe : ils apprécient les civilités et la délicatesse mais manque eux-mêmes d’amabilité et de bienveillance. C’est vrai qu’en comparaison des règles de courtoisie japonaises, de l’accueil souriant des népalais et des indiens (je ne parle que de ce que je connais mais il semblerait que le Canada, le Brésil et la Thaïlande soient des pays considérés comme vraiment très très accueillants), les bonnes manières des français entre eux ou à l’égard des étrangers peut faire pâle figure.

Vraiment ? L’impolitesse serait donc un sport national français ?

En tant que française, il m’est honnêtement difficile de mettre tous les français dans le même sac étiqueté “je suis français donc je suis mal élevé”. Je croise tous les jours à Paris, à La Rochelle ou ailleurs plein de gens charmants, polis et civilisés. Je croise aussi, bien sûr, des gens beaucoup moins aimables, pas du tout courtois, pas très prévenants voire super grossiers.

Un peu comme quelqu’un qui non seulement ne vous tient pas la porte mais vous la ferme à la gueule/figure. Ou lorsque vous croisez quelqu’un dans la rue – le trottoir est petit – et qui vous explose l’épaule car … il/elle ne vous a pas vu arriver (pourtant, il/elle marchait en regardant devant lui/elle, non ? ).

Et comme j’adore tordre le cou à tous les types de stéréotypes, je préfère partager avec vous ici ma propre expérience de la politesse et de l’impolitesse en France. Et vous donner, surtout, quelques conseils avisés pour mettre dans votre poche le français le moins cordial que vous puissiez rencontrer. 

1. Votre kit de survie

Comme pas mal d’enfants français, j’ai souvent entendu, petite, ces phrases sortir de la bouche de mes parents – mi injonction mi rappel mi menace ou plainte désespérée :

  • dis “bonjour” à la dame
  • dis “merci” au monsieur
  • tiens la porte
  • on dit “s’il vous plaît
  • on dit “excusez-moi” à la dame
  • N’oublie pas de remercier et de dire “au revoir

“Bonjour” “Bonsoir” “S’il vous plaît” “S’il te plaît” “Merci” “Merci beaucoup” “Excusez-moi”.
Voilà les seules expressions, a priori, dont vous avez besoin pour faire bonne impression et gagner l’attention – voire le respect ou même le coeur – d’un serveur, par exemple.

Dans certaines contextes, ces expressions peuvent même être un réel kit de survie. Elles peuvent rendre votre expérience en tant que client – dans un café, un restaurant ou un magasin – beaucoup plus agréable et efficace.

Vous aussi vous avez été traumatisé par un serveur désagréable, pas très affable, qui ne sourit pas, vous regarde à peine et soupire lorsqu’il doit prendre votre commande ou vous amenez l’addition dans un café, à Paris ou ailleurs ? Bienvenu(es) au club.

Après qu’un étudiant m’aie fait remarqué qu’il avait parfois l’impression de déranger les serveurs et les vendeurs lors de ses séjours en France, je me suis posée cette question : les serveurs et vendeurs sont-ils désagréables (parfois/souvent) en général ou plus particulièrement (souvent/tout le temps) avec les touristes ?

2. Ne le prenez pas personnellement

Je suis née et j’ai grandi à Paris, j’ai visité toutes les grandes agglomérations de France et la majorité de nos belles régions : il ne m’a pas fallu plus d’un quart de seconde pour répondre à cette question.

Oui, les serveurs (vendeurs etc.) manquent parfois/souvent d’hospitalité.
Non, ils ne sont pas plus impolis avec les touristes !

Il est probable, par contre, que la majorité des serveurs manquent un peu de patience. Ils peuvent aussi, avec les touristes, les clients qui ne parlent pas couramment français ou bien les clients très indécis, redouter que la communication soit difficile et qu’ils prennent du retard sur les commandes à suivre. C’est tout le paradoxe des métiers de service : à trop vouloir bien faire, à définir le “service” en terme de rapidité, on finit (tous) par manquer de savoir-vivre.

Enfin, s’il nous arrive à nous, clients, de tomber sur des serveurs désagréables, il leur arrive bien à eux aussi de tomber sur des clients particulièrement impolis ou irrespectueux. Pourquoi ne pas faire le premier pas et essayer de l’apprivoiser (si ça ne marche pas, alors oui, changez de café !) ?

3. Optez pour la considération

Selon moi, la politesse n’est pas qu’une simple liste de règle de courtoisie ou de sociabilité, c’est surtout une question de considération.

Il est fort possible que les français se considèrent comme des individus avant d’être une fonction – celle du job qu’ils font. Si vous vous connectez à l’être humain en face de vous et pas seulement au service qu’il est sensé vous donner, je suis persuadée que vos interactions changeront et s’enrichiront fortement.

Personnellement, si je dois poser une question à un vendeur ou une vendeuse qui est déjà occupé(e) – à mettre en rayon, par exemple – je vais plutôt l’aborder en disant :

Bonjour, excusez-moi de vous déranger, vous pourriez me dire où trouver le rayon “vrac” ?”
et non pas
“Le vrac, c’est où ?”

Considérez un minimum la personne à qui vous parlez, ne faites pas demi-tour même si cette personne ne vous sourit pas immédiatement (elle le fera dans 5 secondes), prenez le temps de la saluer sans l’interrompre abruptement et elle vous le rendra au centuple.

Pour info, dans cet exemple 100% vécu authentique, la vendeuse m’a indiqué la direction à prendre pour trouver le rayon mais aussi l’emplacement exact du produit que je cherchais (“regardez bien en haut à gauche”) et des poches en kraft pour se servir (“eux ils sont tout en bas”). Essayez, vous serez surpris !

Et sinon, vous connaissez le bistro Le Bon Georges, dans le 9ème arrondissement de Paris ? Vous y serez toujours bien reçus. Ou bien la brasserie le Balzar ? C’est une brasserie style Art Déco située rue des Ecoles, dans le quartier latin, tout près de la Sorbonne. Le lieu est connu pour sa cuisine mais aussi pour son personnel, qui a vis-à-vis des clients une attitude faite “d’un mélange précieux de nonchalance, d’ironie et de gentillesse”. 

C’est peut-être ça, après tout, la “vraie” définition de la politesse à la française.

Pauline

 

PS : Le ‘Balzar’, c’est aussi le nom du programme intensif sur-mesure que j’ai créé pour vous aider à booster vos compétences en français et atteindre vos objectifs en un temps limité. Vous voulez en savoir plus ? C’est par là !

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